En mai, le stratège IA Joris Roebben, l’architecte de contenu Chris Van Gils, le spécialiste SEO Jo Vankerckhoven et notre collègue Bart Lombaerts ont mis leur expertise en commun le temps d’une session consacrée au Generative Engine Optimization (GEO). Résultat : une trentaine de participants repartis avec les idées plus claires, mais surtout avec l’envie de passer à l’action.
Au fil de ces quelques heures d’échanges, le GEO Workshop a livré de nombreux insights et conseils pratiques. Nous en avons retenu onze.
L’IA change la donne, et à une vitesse inédite. Le message d’ouverture du workshop était clair : « Le monde bouge. À vous, marques et organisations, de bouger avec lui. »
Car lorsque les mots-clés cèdent la place aux questions et que plus de 70 % des recherches se terminent sans clic, les marketers ne peuvent plus se contenter des réflexes d’hier. L’enjeu : continuer à attirer les internautes vers leurs propres canaux, mais aussi faire en sorte que leur histoire soit correctement relayée par les nouveaux moteurs de recherche.
Hier encore, il fallait surtout se faire une place sur la première page de Google. Aujourd’hui, il faut aussi viser une mention dans les AI Overviews et dans les réponses des grands modèles de langage – les Large Language Models ou LLM – comme ChatGPT, Claude ou Perplexity. Un objectif d’autant plus difficile que ces outils ne retiennent généralement qu’un nombre très limité de sources.
Le GEO s’impose ainsi comme le prolongement naturel du Search Engine Optimization (SEO). Il aide les marques à franchir une nouvelle étape : ne plus seulement être trouvées, mais être choisies – d’abord par l’IA, puis par les humains.
Devenir une référence aux yeux de l’IA est déjà une belle avancée. Mais encore faut-il que cette visibilité reflète fidèlement votre marque. Que valent des mentions si elles ne correspondent ni à votre positionnement, ni à votre identité, ni aux valeurs que vous défendez ?
Les LLM fonctionnent comme un miroir. Mais si votre marque leur renvoie une image floue, fragmentée ou contradictoire, le reflet risque d’être déformé. Autrement dit : « Racontez votre histoire de manière juste, claire et cohérente, avant que l’IA ne le fasse à votre place. »
Le workshop a aussi permis d’ouvrir le capot des LLM. Une chose à retenir : ces modèles ne « comprennent » pas le langage comme nous. Ils établissent des liens mathématiques entre des mots, des phrases et des contextes, puis transforment ces schémas en réponses.
Les agents IA ne lisent pas nos questions comme un humain et ne vont pas simplement chercher la bonne réponse dans une base de données. Ils calculent, mot après mot, la suite la plus probable. Les hallucinations ne sont donc pas un accident de parcours, mais une réalité statistique. D’où l’importance de garder un regard critique, quel que soit l’usage que l’on en fait.
La bonne nouvelle, c’est que ces outils peuvent être guidés. Comme en SEO, ils évaluent la pertinence d’une source à partir d’une série de signaux : autorité, cohérence, structure claire… Autant de leviers qui permettent d’orienter les LLM vers des mentions plus justes et plus fiables.
Autre bonne nouvelle : ce que vous faites en tant que team marketing pour plaire à Claude et consorts profite aussi à vos lecteurs humains.
Expertise clairement affichée, clusters de contenu pertinents, informations cohérentes, textes faciles à scanner et agréables à lire, pages « À propos » bien structurées, FAQ utiles, menus de navigation limpides, titres hiérarchisés… Une approche GEO bien pensée aide les robots à comprendre votre contenu et les humains à s’y retrouver.
Reste à soigner l’arrière-plan technique de vos owned media. Sitemaps, données structurées, métadonnées : le SEO technique offre aux LLM des repères précieux pour mieux lire, interpréter et citer vos contenus.
Vous l’aurez compris : le GEO ne se résume pas à quelques optimisations isolées. Il mobilise plusieurs dimensions à la fois, comme l’a montré la diversité des experts réunis autour de la table, mais aussi l’AI Visibility Framework présenté aux participants.
Visibilité IA = positionnement x autorité x structure x distribution x technologie x monitoring
« Vous vous souvenez peut-être de vos cours de mathématiques : si l’un des facteurs est égal à zéro, le résultat final l’est aussi. Tout est lié. En GEO, aucun pilier ne peut être laissé de côté. » Cette logique a aussi débouché sur un constat encourageant pour les jeunes entreprises ou les marques qui partent d’une page blanche : le GEO est pour elles une formidable opportunité.
Le liant de cette formule ? La cohérence. Du site web aux captions, des pages corporate aux contenus sociaux, la marque doit raconter partout la même histoire.
Le rôle de Wikipedia dans une stratégie GEO a traversé tout le workshop comme un fil rouge. Car si les relations publiques digitales sont essentielles pour construire des signaux d’autorité, les mentions cohérentes sur des plateformes tierces sont, elles aussi, précieuses. Et à ce jeu-là, Wikipedia, avec son audience massive, pèse lourd.
Deux pistes ont notamment été évoquées pour créer une page de marque : l’une, plus patiente, consiste à gagner en crédibilité en contribuant d’abord à des pages connexes ; l’autre, plus stratégique, à collaborer avec un contributeur Wikipedia expérimenté.
Un plan de contenu orienté GEO part du point de rencontre entre deux réalités : les questions que se pose votre public cible et la valeur ajoutée que votre marque peut lui apporter. C’est ce que l’on appelle le content sweet spot. L’enjeu consiste donc à identifier les prompts qui comptent vraiment, à la fois pour le consommateur et pour votre marque.
Autrement dit : à partir de quels prompts voulez-vous être trouvé – ou mieux encore, choisi ? Pour répondre à cette question, il faut quitter un instant la logique interne de l’entreprise et adopter le point de vue du client. La préparation de l’exercice pratique l’a bien montré : sur ce terrain, beaucoup d’entreprises ont encore une marge de progression. Plus une question – et la réponse qui lui est apportée – s’ancre dans une situation ou un besoin concret, plus le contenu gagne en pertinence.
Orientation client, identification d’un content sweet spot pertinent, création de contenus solides sur le fond comme sur la forme, capables de démontrer une vraie expertise et de guider le public cible pas à pas : à l’heure de l’IA et du Generative Engine Optimization, les content marketers ont plus que jamais une carte à jouer.
C’est aussi pour cette raison qu’il est utile d’aborder le GEO avec les réflexes du content marketing. Un paradoxe frappant l’a rappelé pendant le workshop : les LLM n’accordent pas beaucoup de crédit aux contenus générés par l’IA. Ils les repèrent et les pénalisent. Rien d’étonnant, au fond, puisque ces modèles valorisent précisément les signaux d’autorité, d’expertise et de cohérence éditoriale.
Un parcours GEO commence par un audit de la situation actuelle. Une fois les premières optimisations réalisées, il se prolonge par un monitoring continu, afin d’identifier de nouvelles pistes d’amélioration. Des outils faciles à prendre en main, comme Google Search Console, Bing Webmaster Tools, Peec AI ou Rankshift, permettent déjà de voir sur quels prompts votre marque apparaît aujourd’hui.
Pour conclure, Joris Roebben, Chris Van Gils (ContentMoon), Jo Vankerckhoven (baas.agency) et Bart Lombaerts (SPYKE) ont résumé le parcours GEO en quatre étapes :
“It’s your story, tell it well.”
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